JEAN-FRANCOIS et OLIVIER

POTAGER EXTRAORDINAIRE

L’interview

 

Olivier, quel est ton parcours ? 

À 22 ans j’ai commencé à travailler dans l’artisanat, on était 6, on fabriquait des ceintures de toutes les couleurs, et des bijoux, j’ai fait ça pendant 20 ans.  Après, j’ai tenu une boutique de pierres précieuses à Bordeaux, puis j’ai fait un peu d’usine. En 2011, j’ai fait une formation en menuiserie, mais je me suis rendu compte que ça ne me convenait pas, l’ébénisterie aurait été mieux.

En 2015, j’étais en contrat d’insertion avec l’association adéquation, on fabriquait des sacs, on les vendait. Quand l’association a coulé, je me suis retrouvé au chômage pendant 5 ans.

En août 2019, j’ai été pris en contrat d’insertion au potager extraordinaire. Ce contrat d’insertion dure 2 ans. Vu mon âge, à 57 ans, je prends toutes les occasions qui se présentent. Petit à petit j’ai commencé à faire des permanences au magasin du Village de la Vergne. Depuis cet été, j’ai été retenu pour être à mi-temps sur le magasin. J’évolue en fonction des circonstances, j’ai donc sauté sur l’occasion qui se présentait et depuis septembre je fais une formation VCM (vendeur conseil en magasin de niveau IV) avec l’ESA (l’Ecole Supérieur d’Alternance) en contrat de professionnalisation dans le cadre de mon contrat d’insertion avec le POTEX. Ce sera ma première qualification si je l’ai. C’est un challenge pour moi, je dois  apprendre l’informatique, c’est pas mon univers, mais ça ne me fait pas peur.

Peux-tu nous expliquer ta mission au magasin alimentaire du Village de la Vergne ?

J’installe la boutique, les légumes, l’épicerie fine, je fais tout le réassort. Pendant les vacances de Margaux je m’occupais des commandes, ce que je ne faisais pas avant. Petit à petit j’agrandis mon champ d’action. Margaux va beaucoup m’aider pour l’informatique, c’est ma tutrice. Tout se passe bien, j’aime bien le travail d’équipe. Cette formation va m’ouvrir de nouveaux horizons, pourquoi pas à terme monter mon entreprise …

Jean-François, peux-tu nous raconter ton parcours ?

J’ai fait une formation agricole classique, et je me suis installé dans l’agriculture, dans le sud Vendée. J’étais en GAEC (Groupement Agricole d’Exploitation en Commun) dans la production céréalière.

En 2006, j’ai cessé cette activité, je souhaitais passer en Bio, mais j’ai pas pu le faire, c’était risqué économiquement. Je ne voulais pas continuer dans le conventionnel, j’ai tout arrêté.

J’ai repris une formation, ensuite j’ai eu différents contrats, technicien de recherche à l’INRA de Rennes, puis un contrat à Agen pour le réseau de semence paysanne, j’étais chargé d’évaluer et noter des variétés de blé ancien.

Après j’ai décidé de me rapprocher de la maison. J’ai étudié la faisabilité de maraîchage bio en chantier d’insertion, le deal était d’être embauché en Charente Maritime. L’exploitation n’avait pas les ressources, donc le projet n’a pas abouti. À la suite de cela, j’ai trouvé un boulot de maraîcher dans le sud Vendée, dans une association d’insertion.

Puis j’ai été recruté au Potager extraordinaire pour monter un espace de maraîchage en bio.

En 2017, on a eu l’opportunité de venir ici, au Village de la Vergne, donc aujourd’hui je suis responsable du pôle maraîchage en insertion pour le potager extraordinaire.

Peux-tu nous parler de votre partenariat avec le Village de la Vergne ?

Nous cultivons en plein champs sur 3 hectares et 1200 m2 de tunnels. On privilégie un maximum de vente ici, au magasin du Village. On essaie d’avoir des légumes qui sortent de l’ordinaire, comme de la patate douce, de la poire de terre.

Sur le chantier d’insertion, l’objectif est l’accompagnement social. Le maraîchage est un support de travail, il.elle.s sont accompagné.e.s par une assistante sociale pour trouver un logement, une formation, passer le permis, etc…Ils sont là pour une période de 2 ans maximum.

Actuellement, 13 personnes travaillent ici, avec 4 encadrant.e.s. Nous sommes 17 personnes en tout.

Qu’est-ce que vous aimez au Village de la Vergne ?

On voit du monde, il y a de l’animation, c’est bien. C’est un beau projet ici, il y a du dynamisme avec les bénévoles et la boutique a explosé en terme de vente, c’est bien !